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Croissance et taille minimale de capture
Publié en ligne le jeudi 1er septembre 2011
 

Notre croissance est bien différente de celle des poissons, et notamment de la truite, puisque cette dernière va grandir et grossir harmonieusement tout au long de son existence. Cependant, son développement sera intimement lié au biotope, lui-même induit par un écosystème très changeant en fonction des nombreux paramètres physico-chimiques qui vont caractériser chaque cours d’eaux. La croissance, inhérente à la diversité de ces facteurs, est très variable d’un réseau hydrographique à un autre, mais aussi au sein d’une même rivière. Il est alors bien évident qu’établir une taille limite de capture, générale et uniformisée à un département, pour protéger la première fraye de notre reine des eaux vives ne sera guère adaptée... ni raisonnable.

Texte et photos Christophe BOUET

 

A l’inverse de ce qui se produit chez les êtres humains, la truite va se développer, donc grandir, tout au long de sa vie. Toutefois, sa croissance n’est pas constante et va varier au cours d’une même année, mais également au cours des différentes étapes qui vont ponctuer son existence.

L’influence de sa maturité sexuelle et de sa date de naissance sur son développement

Avant que notre belle mouchetée ne devienne mature sexuellement, son taux de croissance va être à son maximum. Pendant la période qui va précéder l’âge adulte, au stade de juvénile et de truitelle, la truite profitera intégralement des calories enmagasinées lors de sa nutrition, alors que par la suite, la confection des produits sexuels mais aussi l’acte de reproduction lui-même vont puiser de manière très significative dans cette source énergétique. On comprend donc logiquement que miss fario aura proportionnellement un développement beaucoup plus rapide pendant son jeune âge que pendant le reste de sa vie et ceci avant de se reproduire pour la première fois. Salmo trutta fario - notre truite commune - est généralement mature à l’âge de 3 ans, mais cela étant une moyenne, elle peut l’être tout aussi bien à 2 ans comme à 4 ! Il va en résulter une variabilité de taille très importante chez des individus qui vont néanmoins avoir le même âge. En effet, une truite mature sexuellement à 4 ans bénéficiera de 2 années de croissance maximales supplémentaires par rapport à sa sœur, qui elle sera peut-être mature à 2 ans. Donc, bien qu’ayant la même ancienneté, à un âge adulte, elles mesureront plusieurs centimètres de différence.

La date d’éclosion, ou de naissance, à elle aussi le pouvoir d’influer sur la taille des individus. Effectivement, une truite va pondre plusieurs fois dans un nid aménagé à cet effet et qui va recevoir à plusieurs reprises ovules et laitance espacés d’intervalles plus ou moins longs. Sa reproduction va alors s’étaler sur une période qui peut s’étendre jusqu’à 2 mois en fonction des conditions climatiques qui vont influencer le débit et la température de la rivière. Les alevins qui vont éclorent en premier pourront donc avoir 2 mois de différence avec ceux qui naîtront en dernier. La proportion, chez les juvéniles d’une même ponte, peut alors être du double de la taille entre les alevins issus de la première et de la dernière éclosion, et cette différence sera conservée plus ou moins par la suite.

Une croissance variable en fonction de la saison

La croissance de chaque individu est bien sûr proportionnelle à la quantité de nourriture absorbée et donc à ses phases d’alimentation qui vont elles-mêmes être conditionnées par la sensation de faim que ressentira dame fario. Chaque poisson -et la truite ne déroge pas à cette règle- est un animal à sang froid. Cela signifie que la température de son corps va évoluer en même temps que celle de l’eau, et avec elle sa vitesse d’assimilation de la nourriture. Si la température de l’eau est faible, la digestion sera alors ralentie, et au contraire, elle deviendra très rapide lorsque la température sera proche de l’idéal, soit 13°C pour notre belle mouchetée. A cette température, son besoin nutritionnel sera grand et la truite rentrera alors plus fréquemment en phase d’activité alimentaire, son métabolisme fonctionnant à son plein rendement. On comprend donc que sa croissance sera alors maximale au printemps et parfois en été -entre 11 et 16°C- et au contraire bien moindre en hiver. Néanmoins, l’automne, saison qui pourrait être aussi bénéfique que le printemps en termes de taux de croissance, sera malheureusement contrariée par une grosse consommation énergétique pour l’élaboration de ses produits sexuels et amènera à cette époque de l’année une forte diminution du développement de notre belle sauvage.

Le biotope conditionne la croissance

On sait maintenant que le développement de la truite est dépendant de sa date de "naissance", de sa date de "maturité" et de son confort nutritionnel. Mais chaque pêcheur sait également que sa croissance n’est pas la même en fonction des différents paramètres du milieu dans lequel elle va vivre. En effet, indépendamment de la saison, une truite de torrent ou de ruisseau de montage sera plus petite que celle d’une grande rivière de plaine. On peut comprendre aisément que ce qui est vrai pour sa croissance annuelle, avec ces variations de croissance en fonction des changements climatiques, est également vrai si la température générale est faible ou élevée une grande partie de l’année : c’est en effet elle qui va conditionner la richesse plus ou moins importante de l’écosystème.

La productivité du milieu est donc aussi un facteur déterminant, et l’abondance ou non de nourriture est un élément évident de la croissance. J’ai déjà entendu dire qu’une forte densité de poissons dans une même rivière devra se partager la nourriture présente, et, de ce fait, auront une croissance moindre. Ceci reste à vérifier, car une truite se nourrit bien sûr des aliments produits sur son secteur mais aussi de ceux entraînés par le courant depuis l’amont, parfois de fort loin. Il est donc relativement difficile d’affirmer cette hypothèse en rivière, même si cela peut peut-être se vérifier en plan d’eau, lac ou réservoir. Certain, pour justifier leurs propos avanceront le fait qu’en 2ème catégorie les truites sont généralement bien plus grosses qu’en 1ère catégorie, situées en amont, car elles sont moins nombreuses. La zone à barbeaux et ombres est, c’est vrai, peuplée de fort belles mouchetées, mais uniquement parce que le milieu est beaucoup plus riche et productif du à une température d’eau plus élevée. Et si les densités de nos belles farios sont infiniment plus faibles, c’est que le milieu ne se prête guère à la vie des salmonidés. Ainsi, la mortalité y est très certainement beaucoup plus importante qu’en 1ère catégorie où les conditions de vie sont bien plus favorables.

Etablir une taille légale de capture justifiée et adaptée

Nous l’avons vu, la croissance et le développement de la truite peuvent énormément varier d’une rivière à une autre en fonction de la richesse de son écosystème et de la température générale de ses eaux, mais aussi au sein de la même rivière en fonction de l’âge à laquelle elle va naître et de l’âge ou elle deviendra mature sexuellement. En analysant alors les variabilités que l’on connaît maintenant sur la croissance d’une truite, on comprend donc qu’il est purement ridicule, non seulement de fixer une taille légale de capture "standard" calquée sur un échantillon de poisson de 3 ans -et encore, quand cela est réalisé- et d’uniformiser à outrance cette taille minimale. Autant, il paraît ridicule d’imposer une taille parfois élevée quand cela n’est pas nécessaire, autant l’inverse est également vrai. Chaque rivière, voir chaque tronçon significatif d’une rivière est une entité propre qu’il faut considérer comme telle et étudier consciencieusement. Assurons nous ensuite que dame fario réalisera au minimum une fraye -pour les poissons matures tardivement- en fixant une "maille" réelle à un âge de 4 ans. Enfin, nous aurons la sensation de protéger efficacement notre reine des eaux vives qui va alors pouvoir assurer sa descendance... au moins une fois.

 
 
 

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