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La pêche au devon
Publié en ligne le lundi 7 avril 2003
 

Les pêcheurs de saumon n’ont jamais cessé d’employer le devon lourd on laiton, muni ou non d’un "pyjama", sur le gave d’Oloron ou l’Allier. Ce leurre fait partie intégrante de leur panoplie. au même titre que les cuillers tournantes ou ondulantes ou les poissons nageurs. Pour quelles raisons ont-ils pratiquement disparu des boites des pêcheurs de truites ? Ceux-ci ne se privent-ils pas d’un atout supplémentaire ?

Texte Jean-Jacques LARDY

Photos Jean-Jacques LARDY et Christophe BOUET

 

Le fait que ce leurre soit perçu comme un peu vieillot et démodé explique en partie cette désaffection. Présent en masse dans les vieux catalogues du début du siècle, le devon a pratiquement disparu des boutiques. On lui reprochait d’être lourd, massif, trop armé avec ses deux, voire trois triples. Mais son principal défaut résidait dans le vrillage de la ligne.

Les devons modernes

Les rares devons disponibles aujourd’hui sont plus légers, armés d’un seul triple, et offrent différents décors, tailles, et densités. Le vrillage de la ligne est aujourd’hui un faux problème avec les bobines coniques, les galets antivrilleurs, les nylons modernes et tresses sans mémoires. Quelques astuces permettent aussi de limiter les vrillaqes dans le bas de la ligne : Il faut fractionner le bas de ligne de deux centièmes supérieur au corps de ligne en deux parties reliées entre elles par des émerillons doubles.

Le choix du devon : une taille de 3 à 5 cm colle exactement à la plupart des besoins, sauf en grande rivière profonde où l’on peut être amené à utiliser des devons plus grands et plus lourds. Qu’ils soient simplement nickelés, or ou argent, ou superbement décorés (comme ceux proposés dans le Doubs par William Godet), tous conviennent à condition d’en modifier l’armement (un seul triple en queue).

Deux écoles s’affrontent au sujet du matériel et de la technique : l’une fait la part belle à la grande canne, "la pêche à devonner" l’autre se pratique au lancer léger, voire ultra léger (avec des devons "bricolage maison" car minuscules, ils n’existent pas dans le commerce).

La pêche à devonner

La grande canne utilisée aujourd’hui est une canne lancer ou mort manié de 3m à 3,50 mètres de long, d’action de pointe très marquée, donc plutôt raide. Un moulinet tambour fixe moderne, à bobine conique, spires croisées, fait parfaitement l’affaire, les nylons de bonne qualité seront compris entre 18 et 26/100 selon les lieux prospectés et la taille des poissons supposés.

Dans cette pêche à devonner, la finesse ne paye pas. La truite réagit violemment sur le devon et ne voie la ligne que trop tard. Cette pêche à devonner est très ancienne et n’a pourtant pas pris une ride. C’était l’une des techniques favorites des "manouches", ces coureurs de rivière virtuoses de la grande barre. Chaque poste, soigneusement peigné, minutieusement prospecté, avait tôt tait de livrer son tribut. Je dois reconnaître que, dans certaines circonstances, il peut être très profitable de savoir "devonner". C’est le cas de ces minuscules ruisseaux de hauts de bassins que l’on prospecte au ver ou à l’insecte. Parfois, un trou plus important, un gour au pied d’une cascade, permettent au pêcheur prévoyant, à celui qui a toujours quelques leurres dans ses poches, de varier les plaisirs et d’augmenter ainsi la taille de ses captures. Le devon tourne et vrille dès son entrée à l’eau, c’est là sa première qualité. Il est toujours immédiatement en action et permet ainsi de prospecter le moindre coup, le plus petit espace, à condition toutefois de disposer d’une certaine profondeur. Il n’est peut-être pas très utile de devonner sous moins de 50cm d’eau. Sinon, la grande canne permet d’explorer chaque recoin, de faire travailler le leurre à proximité de chaque cache, de chaque tenue possible. Quelles que soient les techniques considérées, au devon, l’attaque a lieu généralement très tôt. Inutile dès lors d’insister après trois ou quatre passages.

Le devon au lancer

En moyenne et grande rivière, la densité du devon, permet d’atteindre des postes très éloignés de la rive et de pêcher ceux-ci, même quand le courant est vif.

On choisira d’opérer "à soutenir", comme les pêcheurs de saumon, avec, bien sûr, un matériel plus léger. On lance, plein travers ou légèrement aval, et on laisse dériver le devon jusqu’en fin de coulée. Au passage d’obstacles ou de tenues supposées, on peut retenir et relâcher le leurre, ralentir ou accélérer sa course, multipliant ainsi ses effets vibratoires, en jouant de la canne et de la manivelle du moulinet. En allongeant progressivement les lancers, on peut alors explorer tous les postes possibles d’un parcours, et ce dans un minimum de temps. Le devon ainsi animé est un leurre redoutable, aussi bien en récupération rapide pour déclencher les attaques de truites sur les gravières qu’en récupération lente et saccadée pour faire sortir un poisson d’une berge creuse ou d’un gros bloc rocheux. Les eaux tendues et légèrement piquées, voire teintées de mars/avril, offrent les conditions idéales pour essayer ce leurre vraiment à part.

La technique est assez simple et rappelle étrangement celle de l’ondulante. On le lance donc en travers de la rivière et on le laisse descendre avant de le mettre en mouvement par un coup de scion sec, marquant le début de la récupération. Celle-ci doit se faire assez lentement et régulièrement, le scion à mi-hauteur, légèrement tourné vers l’amont. On peut l’interrompre de temps en temps pour laisser le devon ... devonner en décrivant un arc de ciel. C’est souvent là que se produisent des touches CANONS impressionnantes. Le poisson se ferre généralement seul sur le nerf de la canne, un simple relevé de celle-ci assurant presque à coup sûr la prise. Lorsque le devon est revenu dans l’axe du pêcheur, assez loin vers l’aval, on récupère lentement en levant la canne dans les secteurs peu profonds et en baissant celle-ci dans les courants profonds au ras de la rive.

Le devon est capable de faire sortir de leur repaire des truites qui seraient imprenables autrement. On peut aussi utiliser le devon en lançant vers l’amont et prospecter ainsi des zones très profondes : aval de gros blocs rocheux et de seuil, vasques de cascades, ou grandes fosses. Dans ces cas là, la récupération se fait assez rapidement en maintenant le scion assez haut.

Une technique payante

Que puis-je vous dire de plus sur le devon, Si ce n’est qu’il fait partie du trio de tête, avec le vairon manié et la cuiller ondulante, dans le palmarès des "attrapes grosses truites". En effet, peu de techniques se révèlent aussi payantes pour capturer de belles, voire de très grosses truites. Mais, surtout, aucune, d’après moi, ne peut rivaliser avec le devon dans les eaux tendues des rivières larges et profondes du début de saison. Aucun doute, le devon mérite amplement d’être remis au goût du jour et doit être essayé sans modération

 
 
 

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